JEAN- BAPTISTE DE LA SALLE
Localisation :
Naissance Reims,1651/ Paris,1680/ Déplacements en France, 1700- 1714/ Décès Rouen, 1719
CV :
1680: Doctorat après la maîtrise ès arts et des études de théologie à Reims puis à Paris.
Issu d’une Famille bourgeoise de 11 enfants dont il sera l’aîné.
1684: Fondation de la communauté masculine des « Frères de la communauté des écoles chrétiennes » et ouverture, trois ans plus tard, d’un noviciat pour entrer dans la communauté.
1700 à 1714: Visite des écoles gratuites qu’il a créées dans les villes sur l’ensemble du royaume, malgré les oppositions ecclésiastiques (notamment à Paris et à Reims).
Tuteurs :
Ses œuvres ou actions menées :
1705 et 1706
Rédaction des deux textes fondateurs de la pédagogie lasallienne: les Règles Communes de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes et la Conduite des Ecoles Chrétiennes.
Un système « à l’ancienne »
A donné naissance à l’image du sévère maître d’apprentissage, dont l’image, très chrétienne, du « frère à l’habit noir » est devenu célèbre et a perduré jusqu’au début du 20ème siècle. Son Ordre intervient dans le monde des petites écoles gratuites, vouées à l’enseignement des pauvres et à la formation des maîtres et maîtresses. Il fait partie d’une des innombrables congrégations religieuses de ce début de 17ème siècle.
La Salle vit un catholicisme strictement orthodoxe (et lié à la royauté).
Par son action de former les âmes à la morale et à la doctrine chrétienne, il se rapproche des élites dirigeantes qui y voient le moyen d’assurer la tranquillité et l’obéissance à l’ordre établi. L’école et son enseignement autoritaire, voire dictatorial, doit servir à conditionner les esprits des adultes et des enfants afin d’éviter les troubles et les désordres. D’un instrument de prévention et outil à conditionner, De La Salle l’oriente plutôt vers l’apprentissage de savoirs de plus en plus sollicités par les activités économiques. Fonction religieuse, fonction moralisatrice, fonction économique, tels sont les fondements de l’école du peuple.
Faussement considéré comme le fondateur de la pédagogie simultanée et initiateur de la pédagogie différenciée -les deux pédagogies étant parfois contradictoires-, il est sans doute celui qui a le plus contribué à l’organisation scolaire contemporaine (cf. la question du collège unique). Son souci de l’efficacité joint à l’utilité des choses apprises lui vont permettre de réorganiser l’enseignement, la classe et le contenu pédagogique. Mais comment?
A cette époque, règne la méthode individuelle : dans la même classe, tous les enfants sont réunis avec un seul maître qui va faire venir tour à tour à son bureau chaque enfant pour lui enseigner telle ou telle matière en fonction du niveau qui est le sien. Ce qui fait que, la majeure partie du temps, l’enfant est laissé à lui-même. Sa façon de faire le conduit à privilégier des temps d’apprentissage en fonction de l’éducation de l’élève et de son avancement dans les leçons: l’école Primaire est née! Apprendre à lire, écrire et compter aux élèves et ne laisser aucun sans occupation durable nécessite un ensemble de ressources et d’organisation articulées autour de valeurs et de qualités comme l’esprit de discipline, l’intéressement des élèves (leur adhésion à…), la probité du maître ou de la maîtresse. Ainsi, pour gérer tout son petit monde, le maître use de signes faits avec la main ou avec un instrument (un signal) ; le silence s’impose alors au maître et aux élèves. Le maître est juché sur une chaise haute qui lui permet d’embrasser du regard tous les élèves assis sur des bancs et devant des tables dont la hauteur dépend de la taille des enfants. C’est le maître aussi qui autorise le passage d’une leçon à une autre, au rythme de la réussite de chacun, en inscrivant le changement dans un catalogue. Notons au passage, que les classes sont composées d’environ 50 à 60 élèves.
Cette façon d’enseigner les savoirs de base se prolonge sur pratiquement toute l’année et se trouve valorisé, à la fin de l’année, par des leçons tirées à partir d’ouvrages à caractères religieux ou moral et d’un livre de civilité chrétienne issus de l’aristocratie. La Salle a repris ces recueils et les a réécris afin qu’ils soient orientés et adaptés à des activités plus économiques. Il demande alors aux maîtres et aux maîtresses qui utilisent ses manuels de s’y conformer. Mais pour encore mieux rendre son enseignement efficace et utile à ces enfants de pauvres, il choisit de le donner en français car c’est la langue parlée par eux. En effet, il fallait être bien éduqué et instruit pour parler le latin (et cela revenait cher de l’être).
Ce souci d’être en phase avec les contraintes des enfants et de leur milieu lui a non seulement permis de leurs faciliter l’apprentissage mais encore de le restituer de suite et à des fins vues comme utiles par eux.
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A propos de la pédagogie différenciée